La fraternité :

un principe constitutionnel

Par Vanessa Codaccioni
Illustration Titwane

Longtemps ignorée des débats politiques et judiciaires, la fraternité
se retrouve au cœur de l’actualité en 2018 lorsqu’elle est reconnue comme « valeur constitutionnelle », au même titre que les deux autres notions de notre devise républicaine : la liberté et l’égalité. Salué par les uns, critiqué par les autres, ce nouveau statut a procuré de nombreux espoirs, souvent déçus, à celles et ceux qui entendent venir en aide aux plus vulnérables.

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Un usager de la SNCF a été verbalisé par la police ferroviaire pour avoir donné 70 centimes à une femme
»

La fraternité : un principe constitutionnel - Vanessa Codaccioni - Quì magazine

La fraternité a pendant très longtemps été absente des tribunaux et des décisions judiciaires, et même le parent pauvre des controverses sur la justice, la sécurité et la répression. Plus précisément, ce sont les notions de liberté et d’égalité qui ont focalisé l’attention des intellectuels, des politiques, des avocats, des juristes, des médias ou des militants, les critiques portant sur la restriction progressive des libertés citoyennes et sur l’inégalité de traitement des membres de la communauté nationale par la police, les magistrats ou en prison. 

Michel Borgetto, spécialiste de la notion de fraternité, remarque surtout un décalage entre l’histoire politique et juridique de la France, dans laquelle celle-ci était centrale comme l’atteste à elle seule la devise « Liberté, égalité, Fraternité », et le déclin de cette notion dès la fin du XIXe siècle. En cause notamment son remplacement par une notion très proche : celle de solidarité1. […]

1 Michel Borgetto, La notion de fraternité en droit public français, Paris, LGDJ, 1993.

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