Mon armoire à fraternités

Par Francis Mizio
Illustration Elish

Nous avons tous de petits ou grands actes dont nous ne sommes pas fiers, et nul besoin d’avoir été criminels pour être habités par un affreux remords. Le mien est une silhouette, un soir d’hiver, juste quelques secondes. S’il n’a pas influé fortement sur ma vie, il a toutefois orienté par la suite bien de mes choix professionnels, ou de bénévolat. 

«
La silhouette est toujours derrière la porte
»

Entrez ! Vous êtes chez vous. Réchauffez-vous, puis-je vous faire visiter ? Je vous montrerai mon armoire à fraternités. C’est un meuble où j’ai rangé toutes mes attestations, médailles, certifications pour toutes ces choses formidables que j’ai accomplies au nom de la fraternité. J’en ai une multitude dont je m’enorgueillis. Mais auparavant, je vais vous raconter pourquoi j’ai tant de titres glorieux. 

L’époque, le contexte et le lieu sont importants : c’était à l’aube des années 90. J’avais environ 25 ans. Je n’avais pu poursuivre d’études, et après des années de boulots physiquement durs et sous-payés, en particulier en usine, je venais tout juste de réussir à gravir un modeste échelon social en étant embauché comme employé de banque. Mon salaire était très faible, compte tenu du dispositif d’insertion, et j’accusais un découvert conséquent et récurrent, qui me contraignait à vivre de peu, sinon mon patron – qui était aussi mon banquier – aurait perdu patience… Le DRH surveillait également nos comptes. […]

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