Napoléon change de ton

Entretien avec Philippe Perfettini

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Propos recueillis par Eva Mattei
Photographies Jean-Christophe Attard

Paru cette année chez équateurs, « Napoléon : punk, dépressif… héros », est tout à la fois essai, biographie psychologique et guide d’épanouissement personnel. Loin d’une approche compassée de Bonaparte, son auteur se fait là portraitiste
irrévérencieux, s’autorisant tout, comme laisser parler l’enfant en lui et puiser dans une multitude de références culturelles inattendues, toujours fun et punchy. Napoléon, un tocard, un bâtard ? « Oui ! », ose Philippe Perfettini qui, pour arriver à ses fins, ne se prive pas de citer pêle-mêle Hugo, Hegel, Stallone et autres
Spiderman… Une vraie liberté de ton mise au service d’une « histoire irréelle », celle d’un autre Napoléon, davantage homme que dieu ou tyran, modèle de résilience au fort potentiel d’icône populaire.

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Napoléon m’aurait sans doute mis au cachot pour mon franc-parler et cette écriture sans fard que j’ai même un peu édulcorée 
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entretien - Philippe Perfettini - Quì Magazine

Q / Philippe Perfettini, ce livre est-il le fruit du confinement ?

PP / Oui et non. L’idée est bien antérieure mais le catalyseur a été une rencontre imprévue avec l’éditeur fin août 2020. Un mail reçu peu après, une proposition de contrat et je me mettais à l’écriture, bouclée en 90 jours !

Q / Au début de l’ouvrage vous expliquez que votre intérêt pour Napoléon est né, dans les années 2000, de la désaffection même des Corses pour cette figure historique. Depuis, les choses n’ont-elles pas évolué ?

PP / Pas vraiment ! On en parle cette année, bicentenaire de sa mort oblige. Mais en Corse, Napoléon reste le méchant de l’Histoire. Le gentil, c’est Paoli. Au-delà de l’île, la connaissance du personnage ne va pas non plus très loin, puisque celui qui est devenu symbole et objet de récupération de la droite autoritaire n’est aujourd’hui enseigné ni à l’école ni à l’université !

Q / Vous partez d’un double postulat : si tout le monde n’est pas Napoléon, chacun de nous lui ressemble. Exit le mythe : l’heure est à la liberté de ton et de langage, en rupture complète avec tout ce qui a été pondu jusqu’ici en la matière…

PP / Napoléon m’aurait sans doute mis au cachot pour mon franc-parler et cette écriture sans fard que j’ai même un peu édulcorée car j’ai tendance à être encore plus cash ! Mais la seule chose qui soit pour moi sacrée, c’est la vie ! Par ailleurs, il faut en finir avec les approches élitistes de Napoléon. L’ouvrage joue sur les ressorts de l’identification pour enseigner autrement un pan de l’Histoire et amener le peuple à s’approprier une figure jusque-là tenue à distance. […]

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